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Jour 48 # Tout ce qui brille.

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Mar 30 Aoû - 17:51

Et la ronde continue. La grande ronde du temps, du monde, de la vie… Ou juste des patients. La nuit s’est installée, fraichement, sur les maisons de pierres de la ville, depuis déjà quelques tours de sablier et tu attends. Qu’est-ce que tu attends, Archimède ? Tu attends que Carmen ai terminé. Et Qui est Carmen, Archimède ? Tu ne sais pas trop. Elle semble travailler à l’hôpital aussi, volontaire ou quelque chose comme ça. Mais en ce qui te concerne, son rôle est uniquement d’éteindre les bougies près des patients avant que tu ne les approches. « Ces satanées bougies… » que tu songerais presque tout haut.

Les bras croisés, à distance respectable des torches du couloir, tu patiente en fixant les flammes – On est jamais trop prudent. Tu as déjà vu des choses étranges… Alors un Djinn ou un esprit du feu, ça ne t’étonnerais plus tant que ça – d’un air peu amène, comme si ton regard à moitié mort pouvait faire rougir les flammes et les éteindre de culpabilité. Et tu écoutes attentivement les pas des chaussures de la petite infirmière qui s’active dans la pièce voisine avec application. Brave petite.

Lorsqu’elle revient, ses joues sont aussi rouges que ses cheveux et son expression profondément indéchiffrable. Tu approches, naturellement, prêt à écouter ce qu’elle a a te dire. Elle parle à voix basse, de sa voix de lutin timide, quelques mots bafouillés : « Docteur… » Oui, tu aimes qu’on t’appelle Docteur. Même si certains ici ne savent même pas ce que c’est. « Vous devriez venir voir ça. » Et elle fait signe de la main pour qu’il entre dans la pièce. De nombreux lits s’y trouvent, pas tous occupés, mais la majorité d’entre eux semblent dormir à point fermé… Mais ce n’est pas ce qui retiens ton attention.

Elle brille.
Comme une petite lampe chétive.

Ta mâchoire retombe, laissant tes lèvres fines et sèches s’entrouvrant légèrement sans laisser passer le moindre son pour au moins une vingtaine de battements de cils – Que tu ne prends pas la peine de prodigué, trop subjugué- avant de finalement, dans un souffle, lâcher : « Fascinant. »

Tu approches, réfléchissant à toute vitesse. Tu veux en avoir le cœur net. C’est une jeune femme, arrivée depuis peu, qui sommeille là. Elle a l’air paisible, reposée, le souffle régulier et les mèches rayonnantes. Tu détaches, doucement, sans bruits, le couteau de ta ceinture en retenant ton souffle et te place dans son dos en attrapant l’une de ses mèches entre tes doigts, avec prudence, t’assurant de ne pas te bruler ou quoi que ce soit dans ce genre. Mais rien, pas de chaleur, pas de douleur, juste de la beauté. Juste ses cheveux qui brillent.

Et tu commences à couper cette mèche.
Parce que tu as besoin de savoir.
Savoir si c’est une idée brillante.
Au moins aussi brillante qu’elle.



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Princesse
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Mar 30 Aoû - 20:26
Il est encore trop tôt pour le je.

Le je a passé sa journée évanoui dans du sable, évanoui sur un dos, évanoui sur des coussins. Il n'a pas encore une conscience aiguë de sa propre existence. Il n'a pas encore eu le temps, plus exactement.

Je vis ! — ah ! Le voilà qui émerge. j'ai mal
mal à la tête
j'ai soif
et je trouve qu'il fait très chaud mais
ce sur quoi je suis allongée est confortable — un peu coloré — j'ai ouvert les yeux
je tourne mon corps il y a
du blanc plat horizontal au-dessus de moi
du blanc plat vertical à ma droite

et à ma gauche — une louche pleine d'eau
je l'ai prise à pleines mains et j'ai bu ça faisait mal
ça semblait m'ouvrir la gorge mais j'avais tellement soif
besoin de cette eau
de toute façon la louche est vide et mes yeux vides de larmes

mes yeux explorent à nouveau
il n'y a pas à chercher loin parce que derrière la louche il y a quelqu'un
deux yeux noirs un visage ovale opale et sans défaut (à mes yeux)
impressionnant
et encadrés de cheveux bruns
elle me voit réveillée elle me parle s'inquiète pour moi elle
m'explique beaucoup de choses et je l'écoute je n'ai pas le choix
je ne sais pas comment ni pourquoi je bois
ses paroles
elles m'hydratent les parois de ma boîte cérébrale
(cette fois je n'ai pas mal)

et puis quand elle voit que j'ai du mal à garder les yeux grands ouverts elle me dit : « repose-toi »
et là encore je n'ai pas le choix


Le je s'est endormi. Le soir, lorsque la chaleur est retournée dans la terre, on l'a réveillé pour le prévenir qu'on l'emmenait à l'Hôpital, pour être surveillé par des personnes qui s'assureraient qu'elle irait mieux. Elle n'a pas fait la difficile mais lorsqu'elle s'est retrouvée dans la vaste chambre, elle a senti son cœur gros et serré par un sentiment d'angoisse et de solitude. On l'a rassurée un peu. On lui apportait souvent à boire, elle a aussi mangé un peu. Elle avait toujours des vertiges, et mal à la tête. On a fini par lui dire de dormir.

Elle n'arrive pas à dormir. Le je, qui a assez dormi comme ça, ressent une conscience aiguë de lui-même qui l'empêche de s'abandonner au repos. Il s'agite, se pose des questions, se diffuse en fourmillements dans le corps grêle qui n'a jamais été vu dressé sur ses deux pieds. Mais l'endroit silencieux, un peu effrayant, le fait que les autres personnes présentes dans la pièce se soient endormies, tout cela l'empêche de bouger. Alors l'ennui a raison d'elle et elle se met à sommeiller, d'un sommeil trop léger qu'on ne reconnaît pas. Un bruit de pas ténu, des rêves de soleil noir qui tournoie, des voix, un changement de lumière, je me retourne oh oui je suis mieux comme ça, les pas sont plus proches, il n'y a personne dans le rêve, juste ce soleil noir qui rougeoie dans le désert, image rémanente émanant de ses premiers souvenirs. Son rêve fiévreux la fait fuir, mais la somnolence la retient prisonnière. On la tire. On la tire de la prison tiède de l'absence par des stimuli infimes qui froncent ses sourcils — je sens mes cheveux qu'on tire un peu qu'est-ce qu'il se passe je veux savoir j'ai peur — je veux me réveiller je veux me réveiller je veux savoir ce que l'on fait
Elle se relève brusquement et se tourne vers l'obscurité — une douleur piquante lance le haut de sa nuque.

Elle regarde dans l'ombre, elle ne voit d'abord rien.

Il y a une personne, dans l'ombre.

« Takeko ? » (un faible chuchotement)

Elle regarde l'ombre,
.                           ce n'est pas Takeko
.                                                       elle aperçoit ses mains.

Elles sont pleines de lumière et dans l'une d'elle il y a un Objet Tranchant qui lui semble se pointer sur elle
j'ai peur
Les yeux pétrifiés remontent insensiblement à la recherche d'un visage qu'ils devinent imaginent monstrueux. La gorge serrée comme sous la menace de l'Objet Tranchant convulse, le larynx tangible sous le bronze de la peau remonte par soubresauts sans parvenir à dire
sans parvenir à dire
sans parvenir à prononcer un mot

Mais la lumière attire les yeux comme des insectes et ceux-là ne sont pas en reste.
Ils se baissent sur les mains, font le lien avec ses cheveux et l'indignation revêche fait la peur courage et s'exprime sous les traits d'un doux intérêt :

« Pourquoi as-tu fais ça ? »

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Mer 31 Aoû - 1:35

Et tu découpe, lentement, les cheveux.
Elle remue, doucement.
Tu ralentis puis reprend.


Ton souffle est lent et entrecoupé. Tu as envie de t’éponger le front, malgré la fraicheur moite du désert, mais tu continues. Encore quelques instant et la mèche sera à toi, mais tu ne regardes pas ce que tu fais. Tu ne fais que regarder la jeune femme. Tu ne fais que fixer la luciole. Carmen est-elle encore là ? Tu ne sais pas. Tu dois être prudent. Tu dois y aller en douceur.

Petit à petit tu commences à te demander ce que tu pourrais bien dire pour expliquer ce que tu fais si jamais elle venait à se réveiller. Tu as plusieurs explications, toutes satisfaisante à tes yeux. Mais c’est au moment fatidique que tu réalises : Peut-être que ce n’était pas une bonne idée.

Elle se redresse, presque dans un bond. Tu as eu l’impression, pendant un instant, qu’elle allait s’envoler d’entre les draps. La délicatesse de ses mouvements te trouble un instant, comme si la grâce faisait partie intégrante de son être. Comme si chaque mouvement, chaque battements de cils, chaque haussement de sourcils était une danse étudiée et chorégraphiée. De ta voix douce, grave, tu entame un discours plus hésitant que tu ne voudrais. « Je sais que les apparences me sont défavorables… Mais je n’te veux aucun mal. » Tu lâche le couteau sur le sol avec douceur, levant les mains.

« Pourquoi as-tu fais ça ? »

Tu cherches tes mots, tu caresses ton palais du plat de ta langue et tu tentes d’étirer un sourire rassurant qui prend le chemin du Sud au lieu du Nord, comme toujours. Tu arrêtes bien vite d’essayer, tu vas juste lui faire peur. –Tu lui fais déjà peur, Archimède- Et tu te lances enfin après un lourd soupir.

« Je n’aime pas les torches. Et tes cheveux brillent. Je voulais voir si tes cheveux brillaient toujours même s’ils étaient coupés. » Et tu lèves un petit poing vers son nez, que tu ouvres en douceur.

Quelques cheveux à la lumière d’or
Éclairent maintenant sa peau diaphane
Que tu caresses comme un trésor
Aussi sacré que tu es profane


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Princesse
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Lun 12 Sep - 15:05
ENC OURS D'ECRITURE NE LIS PAS OMG:
 

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