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Crève-martyr [Takeko]

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Dipti
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Sam 27 Aoû - 11:33
Il y avait un problème. Chez Dipti, et peut-être chez les autres aussi. Et alors qu'elle se levait pour entamer une nouvelle journée sur la Perle, elle avait envie qu'aujourd'hui soit différent. Ou plutôt, elle avait envie qu'aujourd'hui rende tout les autres jours différents. Elle n'avait pas vraiment le goût du risque, bien au contraire, elle était facilement effrayer par tout ce qui pouvait se présenter à elle, et la question qui revenait le plus était "Qu'est ce que ça pourra bien me faire encore ? Quelle partie de moi souffrira ?".

Alors qu'elle marchait doucement par terre, elle constatait que sur sa peau se formait de la corne, un peu partout, depuis un moment déjà. De la corne dans tout les sens du terme puisqu'elle en avait deux petites qui lui poussaient lentement mais surement sur le front. Et elle se dit que bien qu'elle soit faite pour avoir mal, son corps voulait se protéger, peut-être dompté sa propre nature ?

Parce que Dipti ne voulait pas être réduite à de la douleur, ne vivre que pour ça, elle trouvait ça trop cruel pour elle, mais jusqu'à présent elle n'avait su que s’apitoyer sur son sort, se plaindre et endurer comme elle pouvait, parce que c'était un peu la voix de la facilité pour elle, et que de toute façon ce n'était pas une vie qu'elle jugeait digne de subir pour l'améliorer.

Mais Dipti avait trop peur de la mort. Parce qu'elle avait peur que ça fasse mal, plus que tout ce qu'elle aurait à endurer dans une vie. Et surtout, elle voulait savoir ce qu'était sa vie sans la douleur, ce qu'elle ressentirait si elle pouvait marcher librement dans les rues sans faire attention au moindre grain de sable qui pourrait se glisser sous ses pieds. Elle voulait pouvoir lire la douleur dans les yeux des autres sans être obligé de la ressentir, arrêtez de s'effacer complètement pour s'approprier des sensations qui n'étaient pas sienne.

Elle se dirigeait vers la milice, en quête de la force intérieur qu'elle était sûre de trouver là-bas. Et tandis qu'elle se faufilait dans les bâtiments, qu'elle changeait de route, qu'elle baissait la tête devant les regards interrogateurs qu'on lui jetait quand, face aux autres, sa peau devenait écarlate, elle n'avait plus l'ombre d'un doute que demain, tout serait surmonté. Ça lui donnait le courage d'avancer.

Elle avait fini par se planter devant la grande dame à l'air noble et juste, chez qui elle comptait trouvé de l'aide, s'était présentée bien droite devant elle, essayait de trouver quelque part au fond d'elle une certaine dignité qui était soudain plaisante à aborder, une certitude qu'il était agréable de ressentir, même si basé sur des désirs.

Bonjour. Entraînez-moi s'il vous plaît. Je veux devenir forte.

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Takeko
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Lun 29 Aoû - 11:40
Pétale Sanglant
Takeko & Dipti


Ses lèvres s'entrouvrent à l'évocation d'un nouveau milicien. Des lèvres rougies par le nombre croissant de mordillements à l'évocation des crimes, plus ou moins affreux, mais tout de même évocateurs de bien des poids au coeur. Noirs. Ce sont des miliciens noirs. Nés dans la noirceur de leurs actes, à présent obligés de s'en servir pour faire le bien. Ses mains se joignent pour imposer à ce corps semi tendu une prière. Elle, elle prie pour ces gens qui méritent une dernière chance, aussi rude soit elle. On lui a bien donné une chance, à elle, aussi, cette femme habillée de rouge. Rouge qu'elle porte depuis le soixante huitième jour, en se jugeant d'un crime que pourtant, elle n'a pas commis. "Elle" a juste aidé un homme à ne plus souffrir alors que déjà il était aux portes d'un autre monde; celui de la Mort.

Parée de cette cape de sang, l'ombre de cheveux de jais s'en allant, elle a délivré debout les paroles à l'Assemblée. Assemblée réunie dans le seul but de la juger. Elle qui pourtant sait que son but n'était que d'aider.

Le poids de sa parure semble moins affligeant que celui qui pèse sur son coeur au demeurant. Cette femme, cette cheffe du nom de Takeko accepte finalement dans un battement de cils d'accepter le dernier "condamné" à la Milice Noire : ils sont à présent au nombre de Sept. On s'incline, lui présente ses respects et certains s'avancent même pour s'agenouiller et saluer son courage face au Jugement. Et alors qu'on présente encore à sa vue ces louanges, elle se tourne vers eux, laissant dans une traînée vive voler sa robe. Tous se taisent et ...

"La seule chose à retenir est que personne ne doit donner la mort sans raison louable. Même en aidant à mourir, vous aurez le sang de cette personne sur les mains."

Résonne ensuite dans la pièce de la garnison une série de saluts respectueux tandis que la frêle cheffe se détourne d'eux. Elle est d'abord surprise, puis soudainement apaisée. Alors le rouge se retire pour laisser place au blanc; la paix.

De nouveau seule et bras croisés sous sa poitrine, Takeko pense à ce qui s'est passé et à ce qui se passera. Son pas lent ne lui laisse présager qu'une fille affublée de cornes va la rattraper.

"Bonjour."

Dit-elle simplement. À présent immobile, la Dame se permet d'observer en détail cette étrange demoiselle. Ainsi, elle veut devenir forte. C'est ... admirable. Takeko en tique de ses yeux d'amande. Cette fille qui grimace, qui a l'air de souffrir a pourtant envie d'apprendre, de ne plus agoniser.

"Maintenant, si tu veux bien me suivre."

Aussi sincère est cette invitation, dans la bouche de Takeko elle impose la marche et fait oublier ce qui nous empêche de faire. Elles marchent côte à côte, deux rouges jaugeant leur pas pour attendre l'autre tandis que filent autour d'elles les murs, les gens venant ici et là entre les murs de la garnison. Et bientôt dans un silence presque pesant durant ce court voyage, elles arrivent devant une immense porte de bois de laquelle résonne des bruits métalliques. Et Takeko pousse l'immense massif qui dans un craquement dévoile alors ses secrets, sa musique; les voici dans la salle d'entraînement. Les quelques miliciens présents dont l'un des chefs instructeurs et quelques recrues s'arrêtent pour observer l'arrivée des deux femmes. Alors que tous s'apprêtent à présenter leur respect la voix de la Cheffe résonne sur chaque mur dans un immense fracas grave.

"Cette demoiselle veut apprendre ce qui fait notre force, messieurs. Je vous prie de l'accepter, qu'elle soit marchande, nomade, débutante ou même atteinte de maladie. Nous avons tous eu notre chance."

Takeko s'avance donc, déliant alors les soutiens de sa robe pour finir en chemisier blanc, bottes et braies noires. L'attention ne se porte plus vraiment vers la cheffe car chacun a l'habitude de la voir faire preuve de pratique dans son changement d'habits. Il s'agit plutôt, de l'autre, la cornue, l'inconnue, qui les interloque. Qui est-elle ? Que veut-elle fait avec une telle apparence ? Est-ce un démon ? Alors que tous s'extasient ou s'effraient dans leur contemplation de "l'intruse", Takeko s'assoit sur la zone la plus à droite et aussi dépourvue de toute présence humaine pour s'asseoir en tailleur et commencer ce qu'elle sait faire de mieux.

"Dis-moi ce qui te rend faible."

Droite mais frêle, blanche comme le faible malade mais irradiant de force, elle ne demande pas le nom de cette fille faite de corne comme l'arbre pourvu d'écorce. Elle l'attend, droite mais frêle, de son regard noir elle l'appelle. Apprends donc à elle, cette femme prête à se briser comme toi, ce qui t'obsède tant pour que tu en sois arrivée là.

© ASHLING DE LIBRE GRAPH'



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Dipti
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Mer 14 Sep - 23:54
Dipti se disait dans un coin de sa tête que cette situation était presque irréelle. Irréelle parce que cette femme habillée de rouge, qui portait pourtant sur son visage un air si dur, dont les mains fines et droites laissaient transparente tant de force, dont le regard ne laissait pas une seule fois place à l'ombre du doute, ne lui inspirait pas autant de crainte que le premier passant qui entrait dans sa petite boutique d'apothicaire.
Cette femme si imposante, qui lui différait en tout point, et le Temps savait combien Dipti avait peur de la différence, l'enveloppait d'un sentiment chaud, mais pas chaud comme ce feu qui lui donnait envie de s'arracher la peau de douleur quand elle sentait les limites de sa timidité franchises, ni celle de son genou râpé accidentellement contre le sable agressif de La Perle, mais la chaleur délicate, rassurante, qui nous embaume les sens quand on se glisse dans les couvertures du lit par les nuits froides, celle qui fait oublier les peurs et donne envie de gravir, même si seulement de manière imaginaire, les montagnes les plus pentues.

Dipti sentait ses pieds se poser avec une délicatesse qu'elle ne se connaissait pas sur le sol quand elle suivait les femme aux cheveux d'ébène, réduisant la douleur à un pojt  qu'elle l'oubliait, se contentant d'admirer les reflètes de ces cheveux qui brillaient sous le soleil de plomb.

Bien vite arrivée dans la salle d'entraînement, la perspective de tout ces miliciens qui la regardaient la renvoya immédiatement à ce qu'elle était en arrivant, Dipti, la fille timide et bizarre, celle à la peau orange qu'on ne comprend pas, qui fait toujours la grimace et dont les cornes germent comme des bourgeons sur des plantes, qui ne sont pas encore cultivables. Elle mettait ses mains tremblantes sur ces germes de corne, pour se protéger du regard, mais en ne faisant ainsi que souligner involontairement encore plus leur présence. Il lui suffit ce pendant d'écouter les paroles de la femme en rouge pour se dégager de sa timidté et de sa honte, de se redresser et de reprendre une respiration plus calme et moins saccadée.

Elle mit un moment pour chercher ses mots, pour qu'on comprenne clairement ce qu'elle voulait dire, pour que ses phrases plaquent la vérité dans les oreilles de ses auditeurs, exactement de la manière dont elle devait être dite et comprise.

Je suis... Elle prit à nouveau un temps pour respirer, elle découvrait des choses en elle qu'elle ne connaissait pas, et dont elle ignorait la possibilité d'exister, et il était difficile pour elle d'expliquer ce qu'elle était quand elle n'arrivait même plus à poser clairement dans son esprit des mots dessus. Je suis la douleur. Je suis née pour avoir mal, physiquement, partout et à tout moment. Le moindre contact avec ma peau, le moindre frôlement d'air, me fait aussi mal qu'une profonde blessure. Chaque jour, chaque geste, chaque contact, chaque mouvement est.... pénible.... C'est intenable... Je ne veux pas être en vie pour ça. Je veux vivre pour autre chose.

Elle crachait tout l'air de ses poumons, et constata avec lassitude le désagréable picotement que cela lui provoquait sur sa lèvre inférieur. Elle baissa la tête pour regarder ses mains, ses pieds, qui avaient prit une teinte jaune. Et tout comme les gens qui n'arrivaient pas à lire les expressions dans les nuances de sa peau, elle n'arrivait pas à savoir si c'était cette lassitude qui lui décolorait les membres, ou si c'était ce sentiment de plénitude qu'elle ressentait en présence de la grande dame rouge.
Elle avait l'impression d'avoir tout essayer, malgré le peu de temps entre ce jour et son arrivé, pour vavoir ne serait-ce qu'un peu, atténuer cette souffrance. Elle avait voulu devenir apothicaire pour cela, pour chercher un remède à sa propre existence. Et elle commençait à lâcher prise sur ses espoirs d'avoir de connaître une vie sans douleur.

Est-ce que vous pourriez m'aider ? Je ne sais plus vraiment quoi faire, tout me semble hors d'atteinte.

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Crève-martyr [Takeko]
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